La lettre du grognard, Moscou 1812

Le Faussaire n° 1 · Lettre · Moscou, 1er octobre 1812 · 4 erreurs · Difficulté : Facile · publié le 29 septembre 2026

Automne 1812. La Grande Armée occupe Moscou depuis deux semaines. Un grenadier à pied de la Garde impériale, un « grognard », écrit à sa mère restée au pays. Cette lettre est une fiction écrite pour le jeu, mais tout ce qu'elle raconte de la campagne s'appuie sur des faits vérifiés… sauf quatre passages. Un nom, un objet ou un événement ne peut pas exister le 1er octobre 1812 : cliquez dessus. Vous avez six clics.

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Moscou, le 1er octobre 1812

Ma chère mère, je profite du courrier qui part demain pour te donner de mes nouvelles. Je suis en bonne santé, grâce à Dieu, et je n'ai pas reçu une égratignure depuis que nous avons passé le Niémen, au mois de juin.

Le 7 septembre, nous avons livré une grande bataille près de la Moskova. La Garde n'a pas donné : l'Empereur l'a gardée en réserve toute la journée, et nous avons regardé les autres se battre du matin jusqu'au soir. Les Russes de Koutouzov ont fini par se retirer, et la route de Moscou s'est ouverte devant nous. Les anciens disent qu'on n'avait jamais vu pareil carnage, pas même à Waterloo.

Nous sommes entrés dans Moscou le 14 septembre. La ville était presque vide, car la plupart des habitants étaient partis avant notre arrivée. Le soir même, le feu a pris dans plusieurs quartiers, et il a brûlé pendant quatre jours. On dit que c'est le gouverneur Rostopchine qui l'a fait allumer. La plus grande partie de la ville n'est plus que cendres ; il reste des églises, des cheminées et quelques palais.

L'Empereur loge au Kremlin, une forteresse au milieu de la ville, avec de hautes murailles et des églises à coupoles. Nous montons la garde à ses portes, chacun à notre tour.

J'ai eu la fièvre la semaine dernière. Le chirurgien m'a écouté la poitrine avec son stéthoscope, puis il m'a dit que ce n'était rien et qu'il fallait manger. Pour l'instant, ma compagnie ne manque de rien : nous avons trouvé de la farine et du vin dans une cave.

Il fait encore doux, comme un automne de chez nous, et les officiers disent que nous passerons peut-être l'hiver ici. Tout le monde attend que le tsar Nicolas se décide enfin à traiter. Moi, je voudrais surtout rentrer au pays pour la moisson prochaine.

Je te joins mon portrait photographique, pour que tu voies que ton fils a encore bonne mine avec sa moustache et son bonnet à poil. Embrasse bien mon père et ma sœur Marie, et dis au curé de prier pour nous.

Ton fils qui t'aime, Jean-Baptiste, grenadier à pied de la Garde impériale

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