Nouvelles de Paris
Du jeudi 16 juillet 1789
Depuis dimanche, Paris ne dort plus. Le renvoi de M. Necker, connu dans la capitale ce jour-là, a jeté le peuple dans les rues, et les barrières de l'octroi ont été incendiées en plusieurs endroits.
Mardi matin, une foule immense s'est portée aux Invalides et en a emporté des milliers de fusils. Il ne manquait plus que la poudre : le bruit courait qu'il y en avait à la Bastille. Le peuple s'est donc présenté devant la vieille forteresse du faubourg Saint-Antoine, Erreur n° 1 : dont les tours s'élèvent à vingt-quatre mètres au-dessus du fossé.
Après plusieurs heures de combat, le gouverneur, M. de Launay, a fini par capituler. Il a été massacré par la foule, et sa tête a été promenée au bout d'une pique. Le même soir, M. de Flesselles, prévôt des marchands, a été tué sur les marches de l'Hôtel de Ville. Erreur n° 2 : Des voix s'élevaient dans la foule pour réclamer la guillotine contre les traîtres.
On n'a trouvé dans la forteresse que sept prisonniers, qui ont été aussitôt libérés. Erreur n° 3 : La foule a entonné la Marseillaise sur la place de Grève. Depuis hier, des ouvriers ont commencé à démolir la Bastille pierre par pierre.
Erreur n° 4 : Le préfet de police n'a plus reparu depuis mardi. À l'Hôtel de Ville, les électeurs ont acclamé hier M. Bailly comme maire de Paris ; il présidait encore l'Assemblée nationale au début du mois. M. le marquis de La Fayette a été nommé commandant de la milice parisienne.
À Versailles, l'Assemblée nationale suit les événements heure par heure. On assure que le roi a résolu d'éloigner les régiments rassemblés autour de la capitale. Nous donnerons dans notre prochaine feuille les noms des citoyens tués ou blessés devant la Bastille.